10 février 2010

Rapport sans relation

L’art est une relation, un trafic entre le visible et l’invisible.
Une relation nouvelle engendre une forme nouvelle.
Aujourd’hui tout va trop vite, ont veut des rapports sans relation.

09 février 2010

La pudeur...

... semble pouvoir prendre de nombreuses formes comme à l’image symbolique de la salamandre qui révèle par le verbe l’emplacement du trésor qu’elle a en garde sans pour autant t’autoriser à l’embrasser. Il se consume donc de l’intérieur, de ce feu nourrit par des fantasmes de luxure et de cupidité. J’imagine parfois mon sexe, pierre froide; mon ventre caverne vide et sombre, dans les mains de l’alchimiste. Mon corps transformé en or ; devenir par lui femelle, femelle plus grande que le mâle. Secrets, chasteté, vulgarité, honte, etc… Par toutes ces allégories de femme vertueuse, par cette éducation dogmatique fixée au rouge sang de règles impures ; je suis devenue cet animal si froid que rien qu’à toucher le feu de ton regard je l’ éteins, comme le ferai la glace. Au sein de ma tribu j’existe par ce courage, je suis indestructible. Cependant lorsque je suis nue, mon regard lui m’indique que je me suis comme retirée de moi-même.

08 février 2010

Lundi

« Il est l’heure ! »

Ton appel me blesse dans la douceur de vivre l’instant de ce lundi matin sous couette.

L’heure de quoi ? Une flemme monumentale enveloppe mon corps. Mon âme légère comme une bulle de rien se prélasse dans cette tiède oisiveté.

« D’aller bosser ! » Réponds la voix.
O paresse ! Mère de tous les vices, garde-moi en ton sein ! Aime-moi autant que je t’aime ! Rends-moi sourde au devoir qui m’appelle ! Prendre un jour, un jour seulement, tout entier, à buller, rêvasser, ne rien faire ! Volets clos, s’extraire avec indolence, tout un jour, un seul jour, à la souffrance du soleil.

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07 février 2010

Aujourd’hui,

Dame araignée recueille les gouttes de rosée pour préparer son thé du matin.

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06 février 2010

L'annonce

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Ce jour débute comme tous les autres jours. Un rituel les anime depuis le matin de ma naissance,  celui de souhaiter le bonjour au lieu où je vis et aux êtres qui le peuple.
Mais aujourd’hui un événement inhabituel le rendra différent durant de longues années. Je ramasse un journal sur le sentier et m’apprête à déposer mon empreinte végétale dans un fourré. Tout en chiffonnant la feuille qui allait m’essuyer les fesses je lis cette annonce : « Ne pas attendre le prince charmant, il n’existe pas… »  Je ris en pensant « belle phrase pour me faire chier ! » Je poursuis la lecture, lui réservant pour plus tard ma merde molle.  « … toutefois il existe un compagnon de 58 ans, plein d’agréments, cultivé et raffiné qui aspire à une compagne, 45/55 ans…. » Tiens en voilà un qui ne cherche pas la jeune muse ! « … et qui suscite l’admiration et le respect, pour ne pas bâtir des châteaux en Espagne. Ecrire à La Gazette n°1010.3 » Va savoir pourquoi, plein d’émoi, je déchire ce petit bout de papier et le place au chaud de mon sein gauche. Je pars à vive allure, toute chamboulée par ce message, voir le grand chêne, le père de ce lieu. Il m’attendait avec toujours cette impatience stimulée par les oiseaux lui annonçant mon arrivée. Nous nous enlaçons un long moment, puis, je lui raconte mon trouble suite à la lecture du petit rectangle de papier déposé sur mon cœur. Son silence confirma le caractère hors du commun de ce jour, dont je ne soupçonnais pas l’impact sur ma paisible existence future. Le dolmen où je me rends ensuite pour méditer fut tout aussi silencieux. Le ruisseau coule de source sans prêter attention aux larmes de désarroi qui glissent de mes yeux sans retenu. Je me sens perdue. Un état inconnu en moi me chahute. Je cours vers mes amies : une famille de couleuvres de Montpellier. Je suis dresseuse de serpents ; une longue aventure, je vous la raconterai une autre fois peut-être. Je les dresse à la chasse aux lapereaux, aux petits oiseaux et autres nourritures que nous partageons autour d’un feu le soir, ou que je troque aux gens de passage dans le coin. Là, elles dansent autour de ma tristesse. Je ressens pour la première fois un sentiment de solitude. Rien pourtant n’avait changé autour de moi depuis la veille. Juste l’arrivée de cette feuille de papier, ses mots ont ouvert en moi une brèche où un curieux sentiment se faufile à l’intérieur comme le font les serpents dans les fissures d’une roche. Un sentiment de manque, une faim nouvelle. L’un des serpents s’approche, glisse sur mes jambes, se dresse et danse devant mes yeux. Je vois dans les siens des châteaux en Espagne s’écrouler, une lettre s’écrire, un chemin s’éclairer. Je murmure en le caressant « je ne peux sortir d’ici, comment pourrait-il savoir que j’existe, comment pourrait-il venir jusqu’à moi ? Le serpent a sifflé, une buse a plané au-dessus de nous et mon ciel assombri s’est ouvert. J’ai écrit ce message : « en réponse à l’annonce 1010.3 de La Gazette. Je suis dresseuse de serpents. Le S est ma lettre. Je suis née du mariage d’un monolithe et d’une source ; ils m’ont donné leur force. Le ciel est mon toit, la terre ma demeure. Lorsque vous arriverez au bout de la route, le chant d’un ruisseau vous guidera sur une sente jusqu’au grand chêne, faite une pause près de lui. Si vous êtes attentif à son langage il vous indiquera la direction du dolmen. Je vous attendrai en son centre. » Le message fut plié en six, le serpent a sifflé à nouveau, la buse est venue, je lui ai confié le message, elle s’est envolée. J’ai remercié mes amies. Je ne souperai pas avec eux ce soir. Mes pensées soucieuses, à pas lents, m’ont emmené vers le dolmen. Je me suis couchée en son centre et me suis endormie sur ces quelques mots « les princes charmants n’existent pas…

 

05 février 2010

Oublier…

les clous,
oublier le poids de la croix,

oublier la folie destructrice de l’Homme.

La Passion du Christ :  se reposer sur l’or  du bleu du ciel.

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04 février 2010

Donne-moi des yeux…

...pour quelques jours seulement, afin de voir la chaleur du soleil sur ma peau, le velouté de la terre, le mouvement des feuilles, les pépiements des moineaux, les épis de blé, les fleurs qui poussent, l’herbe vivifiante, la nudité de la pierre, le vent qui gémit, la cascade infatigable, la pluie qui fouette, les couleurs de l’hiver et celles du printemps, les quatre saisons, la flamme qui lèche, les pas du vent sur la mer, le ballet des étoiles dans le firmament, le silence de la nuit, le rond, le plat, le coupant, le pointu, le souple, le rigide, le laid, le gros, le gras, le doux, le beau, le merveilleux, le bien… Les instants de la vie, ces grâces de l’univers. Et plus que tout l’amour de ma mère, la tendresse souveraine de mon père. Leurs joies et leurs tristesses. Je voudrais voir aussi le sourire figé de ma poupée, toi mon amie des dimanches.

poupée sophie thouvenin.jpgSes propos à la fois candides et bizarres te laissent perplexe. Comment peut-elle me demander des banalités avec autant de sérieux et de passion ? De cette rencontre restera un vécu particulier. Un sorte de légèreté grave. Elle sait recevoir ce qui est là. Sans effort. Naturellement. Quant à toi tu cherches à la comprendre et à jouir tout comme elle de la générosité du monde.

03 février 2010

ZAO s’endort…

Dans quel pays naissent les fées ?

Pour qui dansent les papillons ?

Le poète passe les fleuves,

Les vallées de coton,

Les villages d’argile,

Sans s’arrêter.
Comme un souffle tendre

La vie est là,

Dans ce regard d’eau.

La main s’échappe

Vers la douceur.

L’esprit s’apaise.

Le feu s’éteint,

Le froid revient.

Les yeux se ferment,

Regardent encore,

Puis sourient

Au soleil de demain.

Zao s'endort...

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02 février 2010

Imaginer un livre…

…qui serait fait de morceaux assemblés au hasard, dans un ordre où ils ont été écrits par exemple, et relevant de propos différents : réflexions, anecdotes, portraits, récits interrompus, projets qui ne dépassent pas le stade de l’esquisse. Ce livre représenterait la réalité nue, ce qui se passe quand il se passe quelque chose. Approcher les choses, les évènements d’un peu plus près.

 

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JF Crevon - http://www.calligraphe.net/Presentation.htm

01 février 2010

Lizeor disait …

que la vie est comme un bas-résille,

Un filet de pêcheur, une corde d’amour.

Et que l’itinéraire s’invente chaque jour.

Qu’en déroulant le fil on pénètre en des labyrinthes.

A chacun son secret.

Et si l’on suit les fils de chaque labyrinthe,
On accède au secret qui les relie entre eux.

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