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07 février 2008
Au nom de la sécurité...

Le petit hérisson avait élu domicile dans les fourrés du parking de la cité. Je l’ai croisé souvent lors de mes tardifs retours nocturnes à la maison. La petite boule allait se cacher sous les broussailles ou sous les tas de feuilles mortes à la moindre lumière de phares et au plus léger vrombissement de moteur. C’était bonheur, à chaque fois, de le voir trottiner à vive allure.
Dans la cité, les vies se croisent sans se connaître ou reconnaître, nous devions être peu de monde à soupçonner l’existence de ce si sympathique voisin dans ce lieu.
Hier les jardiniers-paysagistes sont venus nettoyer l’écran végétal du parking, trop propice aux petits malfrats ; les riverains demandent plus de sécurité pour leur véhicule.
Tout a été ratissé, débroussaillé, tout net, tout propre ! Les arbustes étouffés par la salsepareille ou la ronce respiraient enfin grâce à cette belle taille d’hiver. Nous avions même découvert un petit escalier fait de rondins de bois enfouis sous les herbes et donnant accès sur la rue. C’était incontestable, le travail avait été consciencieux ; les riverains pourront dormir tranquille ; les petits casseurs de voitures ne s’exposeront plus devant tant de clarté. Ce matin en partant pour le travail, j'ai croisé le petit hérisson. Mort, dans le caniveau.
19:35 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Hélène Ourtiès, Arthur le hérisson

Commentaires
Et voila je viens de lire ton texte du petit hérisson; il ne dit pas plus que ce qu'il y a à dire; il est si fort qu'une petite explosion arrive dans mon cerveau à la lecture des derniers mots! tout est dit, l'évidence se fait en nous, en moi. C’est terrifiant de clarté, c'est sobre et cruel à la fois, c'est tuant de vérité...c'est la vie aussi hélas !! La fragilité d'une bestiole que peut être on ne remarque même pas, c'est l'image de la vie dans ce qu'elle a de plus éphémère, de plus insignifiant, de plus tragique mais aussi de plus sublime, de plus majestueux, de plus remarquable.. c'est l'image de notre propre vie que peut-être après tout, on ne remarque même pas, on ne "rencontre" même pas, dans tout ce qu'elle a d'incroyablement profond, multiple, subtil et sacré, dans tout ce qu'elle a d’anodin, de commun, de banal et de…aussi.
Ecrit par : thierry duculty | 09 février 2008
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