27 octobre 2009

Montchamp

...pierre_rabhi+sobri%C3%A9t%C3%A9.jpgAu cœur des Cévennes où j’écris, chaque jour mon émerveillement et ma gratitude envers la nature se renouvellent. Lorsque le jour qui s’ouvre est prometteur d’un temps chaud et que le soleil aiguise ses dards, tout est sous l’empire de l’immobilité. Les arbres, les montagnes bleues, les rochers, le paysage, le ciel, le verger-potager qui s’étend sous ma terrasse, tout est pétrifié par un songe profond...

26 octobre 2009

BIS ...

Oui ! Je suis retournée voir le Syndrome du Titanic, en fait j'y ai emmené un ami...
Le message du film, je vous en ai un peu parlé déjà, j’y reviendrai sans doute sur d’autres post.
Là je me suis laissée guider sur le montage d’un tel film,  et pour ma part Jean-Albert Lièvre, s’avère dans le « Syndrome du Titanic » un remarquable metteur en scène. Cherchant des angles de vue à la fois impressionnants et inédits, il ne sombre pas pour autant dans la tentation de l’esthétisme, du spectaculaire ou du tape-à-l’œil. Excellent ! Au lieu de laisser les plans s’enchaîner comme autant de diapositives chocs, il les confronte par un montage habile et porteur de sens. Ainsi, aux images de gamins jouant à des jeux vidéo violents succèdent celles d’Irakiens vus depuis une caméra américaine et abattus de loin, comme à la foire. Vers la toute fin du film, à la ferveur des évangélistes africains célébrant le dieu Business devant une foule de pauvres fanatisés, répond l’hystérie de traders occidentaux s’agitant frénétiquement sur une place boursière. La mise en scène sait ainsi admirablement jouer des oppositions. Parfois, ces contrastes éclatent au sein d’un même plan : la photo de femmes africaines en habit traditionnel qui déambulent seins nus dans les rayons d’un supermarché… Une scène terrible : on y voit d’abord une tribu de Namibiens harcelés par les mouches, puis la caméra s’éloigne pour laisser apparaître une horde de touristes occidentaux qui, armés de leurs caméras et de leurs appareils photographiques les mitraillent sans relâche ; en inscrivant dans le même cadre la pauvreté et ses spectateurs avides, le film fait toucher du doigt l’insupportable indécence du monde contemporain tout en permettant une salutaire réflexion sur le rôle et l’impact des images. Cette logique de la dissonance, le film l’applique également à sa bande son, très travaillée elle aussi.
Le film échappe à la béatitude devant la beauté du monde, il montre l’Humanité dans son environnement, des hommes et des femmes apparaissent à l’image, et ils ne sont pas regardés de haut, depuis un hélicoptère. La caméra s’attache à des individus, les regarde vivre quelques instants, sans les zapper ni les confondre dans une foule indifférenciée. Ce film est, pour ma part, une œuvre recommandable à la fois pour sa valeur pédagogique et citoyenne et pour ses qualités purement cinématographiques.

L'ambiance sur ce lien : htttp://www.lesyndromedutitanic.com

A vous de me dire...

25 octobre 2009

Thymos

A la fin, ils veulent quoi , les hommes ? Qu’est ce qui les fait bouger ? 

C’est pas le cul, c’est pas le blé, c’est pas le pouvoir. Tu veux savoir ? C’est le besoin de  reconnaissance.

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Il motive  le meilleur et le pire chez les hommes. A l’origine de toutes actions, guerrières, politiques, religieuses, économiques, on retrouve le besoin de reconnaissance. La  permanente compétition qui nourrit l’histoire des hommes, les conquêtes de territoires, les conflits d’idéologies, de religions ou de races, le besoin de reconnaissance.

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Reconnaissez-nous disent les ex-Soviétiques devenus russes, reconnaissez notre puissance, notre importance, l’identité de notre éternelle Russie, et les Tchétchènes, les Kazakhs, les Géorgiens, les Ukrainiens, les Mongols crient, de leur côté, reconnaissez-nous aussi. Reconnaissez-moi, demande le petit homme iranien en chemise qui construit son arme de destruction massive et qui s’adresse au reste du monde, aux Européens, à qui les Turcs réclament la même chose, les Turcs auxquels les Kurdes ….
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Reconnaissez- nous, disent les Palestiniens aux Israéliens. Reconnaissez-nous, disent les Israéliens aux Arabes, reconnaissez-nous bombardent les Chinois aux Etats-Uniens, ou alors on vous étouffe sous nos milliards de produits fabriqués n’importe comment au prix les plus bas. Reconnaissez-nous répondent les Ricains au reste du monde. Reconnaissez nos films, nos protéines, nos 90% de croyants en Dieu, nos erreurs et nos défaites.

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Mais si tu ne me reconnais pas, je te massacre, je t’explose, je t’exécute, je t’inquisitionne, je te terrorise, je t’onzeseptembrise, je te guantanamise, je te benladise, je boirai le sang qui giclera des veines éclatées de ta tête que j’aurai tranquillement tranchée, je te hututerai et tu tutsimourras. Je t’irakerai. Je te djihaderai. Je te poutinerai. Je te pantagonerai. Faut pas croire, je suis capable de tout, si tu refuses de me reconnaître.
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24 octobre 2009

Ce lieu intime où…

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La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l’égard de la vie.
Il peut alors, si telle est sa volonté, définir les engagements actifs que lui inspire une véritable éthique de vie pour lui-même, pour ses semblables, pour la nature et pour les générations à venir.

 

Extrait du Manifeste pour la Terre et l’Humanisme de Pierre Rabhi

23 octobre 2009

Quoique …

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 l’on fasse, faisons le bien,

mettons y tout notre cœur,

faisons des bêtises avec enthousiasme ;-)

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22 octobre 2009

Le grand aiguilleur

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Lorsqu’ils prennent le train, souvent, les enfants s’étonnent ou s’émerveillent, à l’entrée ou à la sortie des gares, de ces rails qui forment des lignes parallèles, lesquelles, à un moment donné, vont se croiser pour former des nœuds qui leur donnent le vertige. Il serait futile et absurde de vouloir établir une comparaison entre cette image des rails et de leurs entrelacs et celle de la vie, puisque, pour ce qui concerne le trafic ferroviaire, le croisement des lignes est déterminé par des ingénieurs, organisé, et qu’il obéit à une logique. Tandis que, dans la vie, personne ne peut dire à quel moment et pour quelle raison les destins parallèles de quelques hommes ou femmes vont se croiser. Et quel est l’aiguilleur, s’il y en a un. Et s’il y en a un, quel objectif poursuit-il ?

L’aiguilleur aveugle et inconnu, que certains, faute de mieux, appellent le hasard, et que d’autres, plus chanceux, appellent Dieu, a fait que ces vies parallèles se sont un jour croisées. Certaines se sont rejointes, d’autres ont bientôt repris leur cours, qui n’est plus parallèle. On peut lire, aujourd’hui, sur la carte ferroviaire de ces quelques vies, des tracés qui ne se rencontreront plus. Nous savons que les lignes vont toutes vers la même destination – aussi bien celles des Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon ! Pauvres grands disparus gisant au Panthéon ! Pauvres cendres de conséquence ! - que celles des gens dépourvus d’importance.

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