03 novembre 2009
Le Sud
« A voir changer la couleur des pierres, surgir la lumière crue et acide du Sud, l’âpreté qui annonce les rivages de la Méditerranée, je revivais. L’odeur des aiguilles de pain brûlées, leur bruit sec, craquant sous le pas, la torpeur sous la canicule, l’attente interminable des siestes sans sommeil de l’enfance, le temps arrêté, puis le soir, vent marin qui s’insinue, rédemption, flots de fraîcheur à travers les rues, fluidité et mouvement partout, toutes ces sensations remontaient à la surface. J’étais heureux du chemin parcouru. S’y mêlaient l’apaisement du retour, une envie de quiétude. »
06:04 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raymond alcovère, hélène o.
La dernière séance
Je sors du cinéma. C’était la dernière séance d’un film retraçant la vie d’une femme seule dans la Barcelone en guerre. Il pleut. Les réverbères diffusent une lumière pâle. Je relève le col de mon manteau et lève les yeux vers le ciel noir et profond. Les gens autour de moi se dispersent rapidement dans la ville. Je m’engage dans une ruelle sombre. Le bruit de mes talons résonne sur le bitume mouillé et dans mon crâne. J’ai froid. Une angoisse me serre tout à coup la gorge, sensations de picotements, de sècheresse. Je déglutie. Je tousse. Tout mon corps tremble sans que je puisse le contrôler. Mes yeux sont en perpétuel mouvement, aux aguets. Je marche le corps droit, compact. Sur le qui vive, je suis prête à débusquer toutes ombres qui s’approcheraient. J’accélère le pas. Mon cœur cogne contre ma cage thoracique à en rompre les os. Je pose la main sur mon plexus pour tenter de calmer cet affolement. Le pouls s’emballe, je le sens gonfler mes tempes. Un bruit de métal qui tombe sur le sol, c’est le signal. Je prend la fuite. Je cours, la voiture est là, à cent mètres, garée le long du trottoir de gauche. Essoufflée je l’atteints et d’une main fébrile je m’agrippe à la poignée. Enfin en sécurité ! je me retourne brusquement pour affronter mon ennemi. Et là je ris, je ris fort , de moi et de ma peur. Un chat noir sort de la poubelle qu’il vient de renverser.
00:05 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hélène o, s. thouvenin
02 novembre 2009
J'aimais ces heures...
«j’aimais ces heures vagues, lumières éteintes, à fumer une cigarette en regardant l’horizon… je me sentais palpiter en même temps que l’univers entier. J’ouvrais mes carnets pour nourrir mes rêves de visions. Ces décors, ces mirages, prenaient un relief particulier loin de tout. Je pouvais m’y abandonner. Ou bien c’est ma vie qui défilait, l’enfance vécue et l’enfance rêvée. Parfois, l’imagination rend triste. Je ressentais avec acuité ce qui m’avait manqué. Qu’ étais-je venu chercher ? Le vague à l’âme me prenait, emportant tout. »
04:03 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raymond alcovère, olivier gomez
01 novembre 2009
Cette semaine avec …
Raymond Alcovère et quelques fragments de son dernier roman : le bonheur est un drôle de serpent.
En préambule : Pour les Montpelliérains ne pas oublier son rendez-vous spécial dédicace, au Baloard, le jeudi 12 novembre prochain à partir de 19h. Une soirée lecture autour du roman mais aussi peinture et musique. Et pour tous ceux qui sont plus loin, qui souhaiteraient recevoir ce délicieux bouquin, adressez lui un message : raymond.alcovere@neuf.fr.

« …un je ne sais quoi s’est arrêté là, peut-être une idée du bonheur possible. Il n’y a qu’à le ramasser, mais il glisse à travers les doigts …Je ne savais pas qu’on ne trouve jamais le lieu dont on rêve…»
06:00 Publié dans Coup de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raymond alcovère, hélène o.
31 octobre 2009
C'était le cinquante et unième jour...
…Ensuite, il y eut le duel. Hector et Ulysse dessinèrent sur le sol le champ où les deux adversaires allaient combattre. Puis ils mirent des sorts dans un casque et après avoir secoués, Ulysse, sans regarder, tira le nom de celui qui aurait le droit de jeter le premier la lance mortelle. Et le destin choisit Pâris. Les guerriers s’assirent tout autour. Je vis Pâris revêtir ses armes : d’abord ses deux belles jambières, fixées par des agrafes d’argent ; puis sa cuirasse, sur sa poitrine ; et son épée de bronze, cloutée d’argent, et son bouclier, grand et lourd. Il posa sur sa tête son casque splendide : la longue crinière ondoyait dans le vent et faisait peur. Enfin il prit sa lance, et la serra dans son poing. En face de lui, Ménélas, finit de revêtir ses armes. Sous les yeux des deux armées, ils s’avancèrent l’un vers l’autre, en se regardant d’un air féroce. Puis ils s’arrêtèrent. Et le duel commença.
Je vis Pâris projeter sa longue lance. Elle se planta violemment dans le bouclier de Ménélas, mais le bronze ne se fendit pas, et la lance se rompit et tomba au sol.
Alors Ménélas à son tour brandit sa lance et la jeta avec une force énorme contre Pâris. Elle toucha en plein le bouclier et la pointe mortelle le fendit, et alla se planter dans la cuirasse, atteignant Pâris de biais, sur le flanc. Ménélas tira son épée et bondit sur lui. Il le frappa avec violence sur son casque, mais l’épée se brisa. Il pesta contre les dieux puis bondit pour attraper Pâris par la tête, serrant entre ses mains le splendide casque à crinière. Et commença à le traîner ainsi, Pâris couché, dans la poussière, et lui qui serrait le casque dans un étau mortel. Jusqu’au moment où la courroie de cuir sous le menton céda, et Ménélas se retrouva avec le casque entre les mains, vide. Il le leva au ciel, et en le faisant tournoyer en l’air le lança au milieu des guerriers. Quand il se tourna de nouveau vers Pâris, pour l’achever, il s’aperçut qu’il s’était enfuit...
C'était le cinquante et unième jour de la dernière année de la guerre de Troie.
04:08 Publié dans Arts Croisés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alessandro baricco, olivier gomez
30 octobre 2009
Encore aujourd'hui...
De l’Indonésie à la France, dans 28 pays.
Une femme sur trois soit 130 millions
est concernée sur le continent Africain.
3 millions de petites filles chaque année.
55 millions vivent en France.
Les visages de ces fillettes, fixés par la photographe Stéphanie Sinclair, lauréate du Grand Prix Care International 2008 pour ce reportage, trahissent la douleur, l’incompréhension et la peur. Pourtant elles n’ont pas le choix. Elles doivent se soumettre à cette tradition barbare édictée à l’origine par les hommes et perpétuée par les femmes.
A lire pour savoir, pour en parler, agir et refuser : brochure_combattre_l_excision-2.pdf
06:23 Publié dans Parti pris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 octobre 2009
Humanisme / Humanitaire
C’est parce que nous n’avons pas organisé le monde sous l’inspiration d’un véritable humanisme que nous avons recours à l’humanitaire comme palliatif à cette grande défaillance.
Seul en l’occurrence l’humanitaire d’urgence pour soulager les détresses provoquées par les cataclysmes et autres calamités « naturelles » se justifie pleinement.

Extrait du Manifeste pour la Terre et l’Humanisme de Pierre Rabhi.
00:12 Publié dans A méditer | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





