19 novembre 2009

Libido dodo oo...

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Le regard posé sur ses nuances dorées, polies par le soleil de l’été, sur ses dunes ondoyantes où chaque grain de peau invite à la caresse. Par mes yeux je la possède déjà, elle, abandonnée dans son sommeil d’après-midi ; ce moment de la journée où le temps se suspend derrière les persiennes croisées d’une chambre. Nue sur son lit blanc, arrogante beauté méprisant mon désir, impudente offrande à mon corps affamé. Je m’approche de sa couche, mes mains esquissent au-dessus d’elle le dessein de mes envies; lorsqu’elle s’éveille, et dans un geste plein de langueur, m’invite à la rejoindre. Dans nos corps mêlés elle jouissait avec insolence, alors que ma verge, elle, perdait peu à peu de sa superbe. Etre mou et la  vie devient dure.

15 novembre 2009

Comédie humaine …

« j’avais beau tourner le problème dans tous les sens, je n’arrivais pas à croire au réel. Je voyais le théâtre. Les amours-propres, les envies, les passions, ces ego qui s’entrechoquent, se désirent, se séduisent, se haïssent, créent un jeu de leurres incessant. On nage dans ce va-et-vient, invivable pour certains; ils préfèrent s’en retirer, s’y noyer ou mourir. Seule ressource, inventer du faux, pour oublier le vrai, habiter ce vide, cette insensée comédie sociale. Si l’on reste englué dedans, au-delà d’une certaine limite, la folie arrive.»

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31 octobre 2009

C'était le cinquante et unième jour...

…Ensuite, il y eut le duel. Hector et Ulysse dessinèrent sur le sol le champ où les deux adversaires allaient combattre. Puis ils mirent des sorts dans un casque et après avoir secoués, Ulysse, sans regarder, tira le nom de celui qui aurait le droit de jeter le premier la lance mortelle. Et le destin choisit Pâris. Les guerriers s’assirent tout autour. Je vis Pâris revêtir ses armes : d’abord ses deux belles jambières, fixées par des agrafes d’argent ; puis sa cuirasse, sur sa poitrine ; et son épée de bronze, cloutée d’argent, et son bouclier, grand et lourd. Il posa sur sa tête son casque splendide : la longue crinière ondoyait dans le vent et faisait peur. Enfin il prit sa lance, et la serra dans son poing. En face de lui, Ménélas, finit de revêtir ses armes. Sous les yeux des deux armées, ils s’avancèrent l’un vers l’autre, en se regardant d’un air féroce.  Puis ils s’arrêtèrent. Et le duel commença.

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Je vis Pâris projeter sa longue lance. Elle se planta violemment dans le bouclier de Ménélas, mais le bronze ne se fendit pas, et la lance se rompit et tomba au sol.
Alors Ménélas à son tour brandit sa lance et la jeta avec une force énorme contre Pâris. Elle toucha en plein le bouclier et la pointe mortelle le fendit, et alla se planter dans la cuirasse, atteignant Pâris de biais, sur le flanc. Ménélas tira son épée et bondit sur lui. Il le frappa avec violence sur son casque, mais l’épée se brisa. Il pesta contre les dieux puis bondit pour attraper Pâris par la tête, serrant entre ses mains le splendide casque à crinière. Et commença à le traîner ainsi, Pâris couché, dans la poussière, et lui qui serrait le casque dans un étau mortel. Jusqu’au moment où la courroie de cuir sous le menton céda, et Ménélas se retrouva avec le casque entre les mains, vide. Il le leva au ciel, et en le faisant tournoyer en l’air le lança au milieu des guerriers. Quand il se tourna de nouveau vers Pâris, pour l’achever, il s’aperçut qu’il s’était enfuit...
C'était le cinquante et unième jour de la dernière année de la guerre de Troie.

28 octobre 2009

St Pierre

Un tas de pierres, cesse d’être un tas de pierres dès qu’un seul homme le contemple avec l’image d’une cathédrale.

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22 octobre 2009

Le grand aiguilleur

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Lorsqu’ils prennent le train, souvent, les enfants s’étonnent ou s’émerveillent, à l’entrée ou à la sortie des gares, de ces rails qui forment des lignes parallèles, lesquelles, à un moment donné, vont se croiser pour former des nœuds qui leur donnent le vertige. Il serait futile et absurde de vouloir établir une comparaison entre cette image des rails et de leurs entrelacs et celle de la vie, puisque, pour ce qui concerne le trafic ferroviaire, le croisement des lignes est déterminé par des ingénieurs, organisé, et qu’il obéit à une logique. Tandis que, dans la vie, personne ne peut dire à quel moment et pour quelle raison les destins parallèles de quelques hommes ou femmes vont se croiser. Et quel est l’aiguilleur, s’il y en a un. Et s’il y en a un, quel objectif poursuit-il ?

L’aiguilleur aveugle et inconnu, que certains, faute de mieux, appellent le hasard, et que d’autres, plus chanceux, appellent Dieu, a fait que ces vies parallèles se sont un jour croisées. Certaines se sont rejointes, d’autres ont bientôt repris leur cours, qui n’est plus parallèle. On peut lire, aujourd’hui, sur la carte ferroviaire de ces quelques vies, des tracés qui ne se rencontreront plus. Nous savons que les lignes vont toutes vers la même destination – aussi bien celles des Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon ! Pauvres grands disparus gisant au Panthéon ! Pauvres cendres de conséquence ! - que celles des gens dépourvus d’importance.

20 octobre 2009

Les choses

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… prendre les choses en main, surmonter le cours des choses…

'Les choses' , quand nous parlons des choses, que voulons-nous dire ?

Quel est ce terme si vague, cette abstraction si souvent employée ?

L’ordre des choses ! La force des choses ! Le désordre des choses, oui … la faiblesse des choses...

Avoir pu, pendant quelques minutes, réfléchir aux « choses », avoir pu ainsi se détacher…  C’était tout calme à l’intérieur.

18 octobre 2009

Les gens

Il existe des centaines de milliers d’univers, les myriades de segments les plus divers d’une société dont le degré de civilisation se mesure au nombre de contradictions qu’elle comporte. Ces univers sont séparés, inconnus les uns des autres, indifférents les uns aux autres. Mais quelque chose les unit, le seul lien commun qui tisse cette carte inimaginable, cette toile d’araignée aussi bien nationale que mondiale et que domine la peur, comme l’espoir. Tous sont soudés par la puissance de ce qui a révolutionné les mœurs :

 

l’image, et sa transmission immédiate.

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Les gens, c’était tout le monde et c’était n’importe qui. Souvent, ils ne savaient plus très bien où ils en étaient, les gens. On leur expliquait que la banquise arctique fondait, que les ours polaires allaient mourir, que des inondations géantes feraient disparaître des îles, puis des villes et peut-être des continents, et que le poumon d’oxygène du monde continuerait d’être déforesté, que l’asphyxie les gagnerait tous un jour, et sinon eux, du moins leurs enfants ou leur petits-enfants, ou leur arrière-petits-enfants. Et pourtant, ils continuaient de faire des enfants, les gens ; Ils continuaient d’aimer, construire, inventer, créer, soigner, rechercher, enseigner, lutter. Les gens, on leur expliquait que l’économie du monde basculait, que les séismes et les tsunamis, les cyclones et les éruptions volcaniques, les marées noires et les fuites des centrales nucléaires, les massacres et les génocides, tout cela n’était rien par rapport à ce qui pouvait encore leur arriver. On leur prédisait des années de privations et de crises, et ils comprenaient qu’ils n’étaient à l’abri d’aucune guerre, d’aucun geste fou d’un dictateur fou, à l’abri d’aucune catastrophe mondiale qui remettrait en question la trame même de leur vie quotidienne. Et pourtant, ils ne l’acceptaient pas, et, s’ils ne se révoltaient pas encore, ils opposaient à la noirceur des choses la force de la vie.

Arctique-plancton.jpgTous enfants de la même algue bleue, tous issus de l’universelle et commune cellule ancestrale, ils suivaient l’évolution, le phénomène dont personne ne connaissait l’ultime bout de course –s’il devait jamais y en avoir un. Ils avaient intégré la notion de l’imminence de l’impossible. Ils vivaient dans l’âge de l’instantanéisme. l’immédiateté universelle, l’accélération des évènements réels. Le chaos. Personne ne pouvait plus leur proposer le « point fixe » dont avait parlé Pascal. Et pourtant, ils se soumettaient à la grande loi de la nature comme à un mouvement perpétuel, ils continuaient. Ils n’avaient pas d’autre choix. Il faudrait bien qu’ils s’adaptent, les gens, ils l’avaient toujours fait.

 

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Les choses sont intolérables…

Les choses sont inévitables…

Les choses sont  ce qu’elles sont…

L’optimiste est quelqu’un qui voit une chance
derrière chaque calamité.

 

 

Philippe Labro, son dernier roman paru chez Gallimard

Photos : Woods (1), esa (2), dominic Nahr (3)

13 octobre 2009

Poser quelques minutes son regard et sa pensée sur…

Contrairement à toutes les espèces, nous programmons nous même notre propre disparition par manque d’intelligence et de compréhension de la vie. Les peuples premiers ne pouvaient concevoir la vie sans l’intelligence universelle qui l’aurait suscitée. Un simple jardinier affranchi de toute superstition peut, s’il est attentif, constater la force créatrice qui programme la graine la plus infime. Comment appréhender dans cette sorte d’ovule insignifiant la puissance d’un processus capable de générer des tonnes de fruits contenant des milliers de graines, dès qu’il est confié à la terre ?

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Extrait du Manifeste pour la Terre et l’Humanisme de Pierre Rabhi.

Photo d’Olivier Gomez –  flyoliv.com

18 septembre 2009

Light graffiti, painting, drawing, graph =

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Le graffiti lumineux est une technique qui consiste a prendre une photo de nuit, ou dans une pièce sombre en déplaçant une source de lumière de façon à former un dessin, ce qui impose que l’appareil photo soit en pose longue. Bien sur pour réussir la photo, la source lumineuse doit rester elle-même invisible.  On parle de light graffiti car le déplacement de la source lumineuse se fait souvent à la main comme on le ferait avec une bombe de peinture. Cette technique n’est pas récente, elle était déjà utilisée dans les années 30, Picasso s'y est essayé en 1949.

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Pour réaliser un light graffiti ? Interroger directement mes amis photographes sur ce blog qui ont désormais leur liste privé, et/ou visualisez ces vidéos : 
http://evan-roth.com/graffiti_analysis/movs/ga_screenCap....
http://www.youtube.com/watch?v=kTxucX1hk2o
http://www.youtube.com/watch?v=mFx-4NT13C4

02 septembre 2009

Une vie à refaire.

De cet autre temps invente moi l’heure ; tends-moi une main s’il n’y a rien à faire, apprends-moi une aube d’une autre couleur, l’espoir d’un soleil d’une vie à refaire.

Dans ce cœur humain dis-moi ce qui manque et ce qui s’espère ; apprends-moi une aube où l’on va s’aimer et la vraie chaleur d’une vie à refaire. Emmènes-moi loin, fais-moi voyager jusqu’à ce printemps qui déjà s’affaire. Apprends-moi cette aube comme une fleur qui naît, fais-moi ce cadeau d’une vie à refaire. Apprends-moi cette aube qui se lève ici, fais-moi ce cadeau de cette autre vie.

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http://www.follmispirit.com/

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