30 décembre 2009

2009 – The end

Capter la vie, avec des mots, comme l’on capte une image avec un appareil photo.  Comme ces photographes qui m’ont accompagné cette année! Oui, comme eux, fixer l’immatériel, les attitudes, les contradictions, ces choses infimes, ces instants éphémères. Des textes courts, car, comme la photo, il faut être bref pour saisir l’essentiel. Ce blog s’est nourri de mots lus, entendus, choisis, écrits, assumés ; de scènes quotidiennes, d’observations, d’humeurs, de sentiments importants ou importuns ; de point de vues (avec leur paradoxe). Tout cela, mis bout à bout et coloré d’instantanés de la vie, finit par dessiner un fragment d’existence dans sa singularité, sa force, sa fragilité. Ce blog juste pour partager, résonner et parfois se consoler avec vous ; car la lecture est une communion avec un autre si différent et cependant si ressemblant.
Merci à vous d’être passé, de temps en temps, un jour ou tous les jours, par ici… environ 500 visiteurs/mois (dixit les stat d’Hautetfort)… Alors à vous que je connais, ceux que je pressens et à la multitude d’inconnus,  osez laisser un commentaire (un mot, une ou deux phrases, un signe)… pas de timidité, de pudeur, de peur, … vous êtes attendus ! Car l’idée de ce « journal » est belle et bien de partager.

1B.jpg
un clic sur l'image et elle s'agrandit ;-)

16 novembre 2009

Il était...

Sobre, déjeunait d’un morceau de fromage, de pain et de quelques noix. Un verre de bon vin. Après la première rasade, une flambée comme surnaturelle le m’était debout, redressait ses épaules un peu voutées, lui embrasait la face. Une étrange lucidité l’animait, une logique drue, un enthousiasme amenait son émotion à son expression la plus haute. Son lyrisme éclatait. Il refaisait le monde.

Sans titre.jpg
Paul cézanne

27 septembre 2009

C’est vraiment fini…

les vacances ? De retour vers le quotidien, on retrouve ses marques : l’appart, le bruit de la cité, la chaleur moite de la ville, le frigo vide, internet, les factures (merde un PV- excès de vitesse !? en partant, of course), demain le boulot , … pas vraiment envie de défaire la valise… Alors je suis allée au ciné !

London River, un film sensible, sincère, touchant, où angoisse et incompréhension se croisent et se tissent dans un drame magnifiquement interprété. Réflexion sur le déracinement et une nécessaire communication entre les nationalités et les communautés : comment elles se conçoivent, se parlent, se déchirent ou s'entraident, mais aussi communication entre nous, nos proches : amis, famille, enfants…
Le réalisateur Rachid Bouchareb sait mesurer les silences. Ceux qui font germer le doute, impose une douleur sourde qui grandit comme un mauvais pressentiment. Les premiers instants font preuve d'une justesse parfaite, occasionnant un sentiment d'angoisse latent partagé avec ces deux âmes remuées par la probabilité, même infime, d'apprendre la disparition de son enfant.
Brenda Blethyn, l'actrice anglaise fait des merveilles dans le registre de la provinciale paumée :  déboussolée, sa peur polie de l'étranger et cette grande ville qui semble la dévorer. Sa silhouette longiligne et son regard empli de sagesse, Sotigui kouyaté semble flotter au-dessus du bitume londonien, inspirant calme et romantisme. Ces deux destinées au croisement de routes improbable vont faire imploser les préjugés et insuffler à ce drame intimiste des allures de road trip désespéré. Toujours sur le fil, la relation entre ces deux êtres que tout sépare est traitée par le cinéaste avec une telle pudeur que l'adhésion est immédiate et continue.

A vous de me dire maintenant !

London river.jpg

28 août 2009

Message personnel

Photo anniversaire.jpg
Le monde a ses rois, ses hommes d’Etat, ses Présidents, ses dictateurs, mais il manque cruellement de princes, de poètes, d’innovateurs, de porteurs de flambeaux qui maintiennent sans forfanterie une torchère allumée au-dessus des enfants des hommes.

 

 

 

 

 

  Moi j’en connais un, il s’appelle Miloud et ce jour je bénis celui de sa naissance.

 

 

 

19 août 2009

Prince des nuées

" Comment le lui dire que tu le voudrais bien, être sauvée, et plus encore … lui, avec toi, et ne plus faire que ça, le sauver, et te sauver toi aussi, la vie entière... Comment le lui dire, à cet homme-là, que c’est moi à présent qui voudrais lui apprendre, lui faire comprendre, entre ses caresses, que le destin n’est pas une chaîne mais un envol, et que si seulement il avait encore envie de vivre il pourrait voler…"

etreinte.jpg
Merci à  http://lolairlavie.hautetfort.com/ pour cette photo ;-))

06 août 2009

Le chemin est fait de …

IMG_2321bis.jpg

 

bonjour !

 

                  merci

 

                               et
                                               au revoir ….

 

 

  Autorisation Photo Olivier Gomez : http://photographe.hautetfort.com/

04 juin 2009

Fragment de vie

98.jpg

- J’ai peut-être réussi à t’endormir avec mes histoires.
Le sommeil est une fine poussière qui se colle aux yeux. Celui qui raconte la répand de son souffle.

 - Je t’écoute les yeux fermés, par moments je m’endors, mais ce n’est qu’une bouchée, ou plutôt une gorgée de sommeil. Je me réveille et tu es encore là en train de raconter et c’est agréable. 

03 janvier 2009

lettre à un ami : de Paris à Shikoku

jco 03022009.jpgLa route qui mène de Paris à Shikoku est terriblement longue, mais après tout, l’idée qu’une ligne droite représente la distance la plus courte entre deux points a perdu de son charme depuis longtemps ! A ceux qui de leur éternel point de départ sont impatients de se voir déjà à quelque lignes d’arrivées, à quelques précieuses stations de leur juste ambition. A ceux poussés par leur impatience et leur confiance dans la ligne la plus courte des voyages. Il n’en va pas ainsi. Car entre ces deux points s’écoule la vie, qui est une divagation imperturbable, qui a besoin d’obstacles, de renoncements, de bonne fortune et de malheur aussi, pour s’accomplir. Ce n’est qu’à partir d’un arbitraire point d’arrivée que l’on peut croire à un parcours, donner un nom à l’enchevêtrement de ses propres jours. Shikoku n’est pas le terminus de Paris mais seulement une occasion de regarder en arrière. Du capharnaüm du passé ressort la force possédée par le point de départ, l’énergie contenue dans le préambule. Alors, d’un arbitraire point d’arrivée, comme par exemple Ōkuboji, chacun peut reconnaître la sagesse d’un destin au chemin toujours sinueux et qui, pour s’accomplir, n’a pas suivi le cap le plus droit mais a appris à louvoyer.

30 décembre 2008

JACOB BESER

5669468.jpg

Il y a quelque temps, Jacob Beser est mort à l’âge de soixante et onze ans. Nul ne s’étonnera de ne jamais en avoir entendu parler. L’histoire cultive d’étranges lacunes. Il y a des gens ordinaires qui se trouvent tout à coup obligés d’accomplir des actions faciles et atroces. Ils les exécutent et puis leurs noms tombent dans l’oubli. Dans leur cabine ils ont des photos d’actrices, ils ne se soûlent pas et sont d’habitude de bons mécaniciens. Et puis la guerre est faite pour obéir aux ordres. Et un matin d’août Jacob Beser se rend avec son avion au dessus d’une ville de 13 500 habitants au kilomètre carré. C’est une des plus grandes densités d’êtres humains, tous concitoyens. Et il fait tomber une bombe fabriquée avec un élément jamais utilisé jusque-là par l’artillerie, l’uranium. La ville se défait sous une chaleur d’autres planètes, son nom Hiroshima. Jacob Beser a été le premier homme à voir en secret l’effet produit par : une bombe atomique sur une ville. C’était en 1945. En Janvier, les Russes étaient entrés à Auschwitz et le monde avait dû cesser d’affecter de ne rien savoir. En Août, le largage de Beser avait clos la guerre sous la plus grande brûlure artificielle, inaugurant le futur. La guerre moderne s’est spécialisée dans les exterminations de civils. Il est triste d’être soldat dans ce siècle. Jacob Beser est un nom qu’on devrait connaître.

26 décembre 2008

un matin quelque part sur la terre

DSCN0955.jpgQuand je me réveillai à nouveau, la plupart des étoiles avaient disparu, seules les plus puissantes compagnes de la nuit brûlaient visibles au dessus de ma tête. Vers l’est, j’aperçus une pâle brume lumineuse à l’horizon, comme l’avait été la Voie Lactée la dernière fois que je m’étais réveillée. Le jour était manifestement proche ; j’allumai ma lanterne et à sa lueur de ver luisant, je mis mes bottes et mes guêtres. Il faisait aussi chaud que pendant la nuit écoulée. Je rompis ce qui restait de pain, remplis ma gourde au jet d’eau et j’allumai ma lampe à alcool pour me faire bouillir du chocolat. Les ténèbres bleues s’allongeaient sur la clairière où j’avais connu un si paisible sommeil, mais bientôt, avant que l’eau fût bouillante, il y eut une large traînée orange se fondant en or le long des sommets. Mon esprit fut saisi d’une jubilation extraordinaire devant cette venue progressive du jour et sa beauté. 

Toutes les notes