03 novembre 2009

Le Sud

« A voir changer la couleur des pierres, surgir la lumière crue et acide du Sud, l’âpreté qui annonce les rivages de la Méditerranée, je revivais. L’odeur des aiguilles de pain brûlées, leur bruit sec, craquant sous le pas, la torpeur sous la canicule, l’attente interminable des siestes sans sommeil de l’enfance, le temps arrêté, puis le soir, vent marin qui s’insinue, rédemption, flots de fraîcheur à travers les rues, fluidité et mouvement partout, toutes ces sensations remontaient à la surface. J’étais heureux du chemin parcouru. S’y mêlaient l’apaisement du retour, une envie de quiétude. »

La Revellata0238.jpg

02 novembre 2009

J'aimais ces heures...

«j’aimais ces heures vagues, lumières éteintes, à fumer une cigarette en regardant l’horizon… je me sentais palpiter en même temps que l’univers entier. J’ouvrais mes carnets pour nourrir mes rêves de visions. Ces décors, ces mirages, prenaient un relief particulier loin de tout. Je pouvais m’y abandonner. Ou bien c’est ma vie qui défilait, l’enfance vécue et l’enfance rêvée. Parfois, l’imagination rend triste. Je ressentais avec acuité ce qui m’avait manqué. Qu’ étais-je venu chercher ? Le vague à l’âme me prenait, emportant tout. »

IMG_5809visuBLOG.jpg

01 novembre 2009

Cette semaine avec …

Raymond Alcovère et quelques fragments de son dernier roman : le bonheur est un drôle de serpent. 

En préambule : Pour les Montpelliérains ne pas oublier son rendez-vous spécial dédicace, au Baloard, le jeudi 12 novembre prochain à partir de 19h. Une soirée lecture autour du roman mais aussi peinture et musique. Et pour tous ceux qui sont plus loin, qui souhaiteraient recevoir ce délicieux bouquin, adressez lui un message : raymond.alcovere@neuf.fr.


Pigna0080.jpg

« …un je ne sais quoi s’est arrêté là, peut-être une idée du bonheur possible. Il n’y a qu’à le ramasser, mais il glisse à travers les doigts …Je ne savais pas qu’on ne trouve jamais le lieu dont on rêve…»

 

 

31 octobre 2009

C'était le cinquante et unième jour...

…Ensuite, il y eut le duel. Hector et Ulysse dessinèrent sur le sol le champ où les deux adversaires allaient combattre. Puis ils mirent des sorts dans un casque et après avoir secoués, Ulysse, sans regarder, tira le nom de celui qui aurait le droit de jeter le premier la lance mortelle. Et le destin choisit Pâris. Les guerriers s’assirent tout autour. Je vis Pâris revêtir ses armes : d’abord ses deux belles jambières, fixées par des agrafes d’argent ; puis sa cuirasse, sur sa poitrine ; et son épée de bronze, cloutée d’argent, et son bouclier, grand et lourd. Il posa sur sa tête son casque splendide : la longue crinière ondoyait dans le vent et faisait peur. Enfin il prit sa lance, et la serra dans son poing. En face de lui, Ménélas, finit de revêtir ses armes. Sous les yeux des deux armées, ils s’avancèrent l’un vers l’autre, en se regardant d’un air féroce.  Puis ils s’arrêtèrent. Et le duel commença.

Paris et la guerre de troie.jpg

Je vis Pâris projeter sa longue lance. Elle se planta violemment dans le bouclier de Ménélas, mais le bronze ne se fendit pas, et la lance se rompit et tomba au sol.
Alors Ménélas à son tour brandit sa lance et la jeta avec une force énorme contre Pâris. Elle toucha en plein le bouclier et la pointe mortelle le fendit, et alla se planter dans la cuirasse, atteignant Pâris de biais, sur le flanc. Ménélas tira son épée et bondit sur lui. Il le frappa avec violence sur son casque, mais l’épée se brisa. Il pesta contre les dieux puis bondit pour attraper Pâris par la tête, serrant entre ses mains le splendide casque à crinière. Et commença à le traîner ainsi, Pâris couché, dans la poussière, et lui qui serrait le casque dans un étau mortel. Jusqu’au moment où la courroie de cuir sous le menton céda, et Ménélas se retrouva avec le casque entre les mains, vide. Il le leva au ciel, et en le faisant tournoyer en l’air le lança au milieu des guerriers. Quand il se tourna de nouveau vers Pâris, pour l’achever, il s’aperçut qu’il s’était enfuit...
C'était le cinquante et unième jour de la dernière année de la guerre de Troie.

30 octobre 2009

Encore aujourd'hui...

De l’Indonésie à la France, dans 28 pays.

Une femme sur trois soit 130 millions

est concernée sur le continent Africain.

3 millions de petites filles chaque année.

55 millions vivent en France.

 

Les visages de ces fillettes, fixés par la photographe Stéphanie Sinclair, lauréate du Grand Prix Care International 2008 pour ce reportage, trahissent la douleur, l’incompréhension et la peur. Pourtant elles n’ont pas le choix. Elles doivent se soumettre à cette tradition barbare édictée à l’origine par les hommes et perpétuée par les femmes.

 

album 1.jpg

A lire pour savoir, pour en parler, agir et refuser : brochure_combattre_l_excision-2.pdf

29 octobre 2009

Humanisme / Humanitaire

C’est parce que nous n’avons pas organisé le monde sous l’inspiration d’un véritable humanisme que nous avons recours à l’humanitaire comme palliatif à cette grande défaillance.

Seul en l’occurrence l’humanitaire d’urgence pour soulager les détresses provoquées par les cataclysmes et autres calamités « naturelles » se justifie pleinement.

 associations-et-entraide-id280.jpg

 

Extrait du Manifeste pour la Terre et l’Humanisme de Pierre Rabhi.

28 octobre 2009

St Pierre

Un tas de pierres, cesse d’être un tas de pierres dès qu’un seul homme le contemple avec l’image d’une cathédrale.

st pierre.jpg

27 octobre 2009

Montchamp

...pierre_rabhi+sobri%C3%A9t%C3%A9.jpgAu cœur des Cévennes où j’écris, chaque jour mon émerveillement et ma gratitude envers la nature se renouvellent. Lorsque le jour qui s’ouvre est prometteur d’un temps chaud et que le soleil aiguise ses dards, tout est sous l’empire de l’immobilité. Les arbres, les montagnes bleues, les rochers, le paysage, le ciel, le verger-potager qui s’étend sous ma terrasse, tout est pétrifié par un songe profond...

26 octobre 2009

BIS ...

Oui ! Je suis retournée voir le Syndrome du Titanic, en fait j'y ai emmené un ami...
Le message du film, je vous en ai un peu parlé déjà, j’y reviendrai sans doute sur d’autres post.
Là je me suis laissée guider sur le montage d’un tel film,  et pour ma part Jean-Albert Lièvre, s’avère dans le « Syndrome du Titanic » un remarquable metteur en scène. Cherchant des angles de vue à la fois impressionnants et inédits, il ne sombre pas pour autant dans la tentation de l’esthétisme, du spectaculaire ou du tape-à-l’œil. Excellent ! Au lieu de laisser les plans s’enchaîner comme autant de diapositives chocs, il les confronte par un montage habile et porteur de sens. Ainsi, aux images de gamins jouant à des jeux vidéo violents succèdent celles d’Irakiens vus depuis une caméra américaine et abattus de loin, comme à la foire. Vers la toute fin du film, à la ferveur des évangélistes africains célébrant le dieu Business devant une foule de pauvres fanatisés, répond l’hystérie de traders occidentaux s’agitant frénétiquement sur une place boursière. La mise en scène sait ainsi admirablement jouer des oppositions. Parfois, ces contrastes éclatent au sein d’un même plan : la photo de femmes africaines en habit traditionnel qui déambulent seins nus dans les rayons d’un supermarché… Une scène terrible : on y voit d’abord une tribu de Namibiens harcelés par les mouches, puis la caméra s’éloigne pour laisser apparaître une horde de touristes occidentaux qui, armés de leurs caméras et de leurs appareils photographiques les mitraillent sans relâche ; en inscrivant dans le même cadre la pauvreté et ses spectateurs avides, le film fait toucher du doigt l’insupportable indécence du monde contemporain tout en permettant une salutaire réflexion sur le rôle et l’impact des images. Cette logique de la dissonance, le film l’applique également à sa bande son, très travaillée elle aussi.
Le film échappe à la béatitude devant la beauté du monde, il montre l’Humanité dans son environnement, des hommes et des femmes apparaissent à l’image, et ils ne sont pas regardés de haut, depuis un hélicoptère. La caméra s’attache à des individus, les regarde vivre quelques instants, sans les zapper ni les confondre dans une foule indifférenciée. Ce film est, pour ma part, une œuvre recommandable à la fois pour sa valeur pédagogique et citoyenne et pour ses qualités purement cinématographiques.

L'ambiance sur ce lien : htttp://www.lesyndromedutitanic.com

A vous de me dire...

25 octobre 2009

Thymos

A la fin, ils veulent quoi , les hommes ? Qu’est ce qui les fait bouger ? 

C’est pas le cul, c’est pas le blé, c’est pas le pouvoir. Tu veux savoir ? C’est le besoin de  reconnaissance.

sangirgio5.jpg

Il motive  le meilleur et le pire chez les hommes. A l’origine de toutes actions, guerrières, politiques, religieuses, économiques, on retrouve le besoin de reconnaissance. La  permanente compétition qui nourrit l’histoire des hommes, les conquêtes de territoires, les conflits d’idéologies, de religions ou de races, le besoin de reconnaissance.

screenshot5.jpg
Reconnaissez-nous disent les ex-Soviétiques devenus russes, reconnaissez notre puissance, notre importance, l’identité de notre éternelle Russie, et les Tchétchènes, les Kazakhs, les Géorgiens, les Ukrainiens, les Mongols crient, de leur côté, reconnaissez-nous aussi. Reconnaissez-moi, demande le petit homme iranien en chemise qui construit son arme de destruction massive et qui s’adresse au reste du monde, aux Européens, à qui les Turcs réclament la même chose, les Turcs auxquels les Kurdes ….
planete-bosphore.jpg

Reconnaissez- nous, disent les Palestiniens aux Israéliens. Reconnaissez-nous, disent les Israéliens aux Arabes, reconnaissez-nous bombardent les Chinois aux Etats-Uniens, ou alors on vous étouffe sous nos milliards de produits fabriqués n’importe comment au prix les plus bas. Reconnaissez-nous répondent les Ricains au reste du monde. Reconnaissez nos films, nos protéines, nos 90% de croyants en Dieu, nos erreurs et nos défaites.

manhattannight.jpg

Mais si tu ne me reconnais pas, je te massacre, je t’explose, je t’exécute, je t’inquisitionne, je te terrorise, je t’onzeseptembrise, je te guantanamise, je te benladise, je boirai le sang qui giclera des veines éclatées de ta tête que j’aurai tranquillement tranchée, je te hututerai et tu tutsimourras. Je t’irakerai. Je te djihaderai. Je te poutinerai. Je te pantagonerai. Faut pas croire, je suis capable de tout, si tu refuses de me reconnaître.
Sans titre.jpg