16 juin 2008

La dresseuse de serpents

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Ce jour a débuté comme tous les autres jours. Un rituel les anime depuis la nuit de ma naissance. Un rituel c’est ce qui rend sacré un jour, une heure, un instant, une vie. Il en donne un caractère singulier. Ce rituel est de souhaiter le Bon jour au lieu où je vis et aux êtres qui le peuple. Et aujourd’hui, je prends un journal trouvé la veille sur le sentier, m’apprête à déposer mon empreinte végétale dans un fourrée tout en chiffonnant la feuille qui allait m’essuyer les fesses lorsque je lis cette annonce : «  ne pas attendre le prince charmant, il n’existe pas… » Belle phrase pour me faire chier ! Je poursuis cependant la lecture, lui réservant pour plus tard ma merde molle. « …Toutefois il existe un compagnon de 58 ans, plein d’agrément, cultivé et raffiné qui aspire à une compagne, 45/55 ans… » Tiens en voilà un qui ne cherche pas la jeune muse ! « …Et qui suscite l’admiration et le respect, pour ne pas bâtir des châteaux en Espagne. Ecrire à la Gazette n° 1010.3 » Va savoir pourquoi je déchire ce petit bout de papier et le place au chaud de mon sein gauche. Je pars à vive allure voir le grand chêne, le père de ce lieu ; il m’attendait avec toujours cette impatience stimulée par les oiseaux qui lui annoncent mon arrivée. Nous nous prenons dans les bras un long moment, puis, je lui raconte mon trouble suite à la lecture du petit carré de papier déposé sur mon cœur. Son silence marquait le point ; le point de départ d’une histoire en devenir et dont je ne soupçonnais pas l’impact sur ma paisible existence. Le dolmen où je me rends ensuite pour méditer fut tout aussi silencieux. Le ruisseau coule de source sans prêter attention aux larmes qui glissent de mes yeux sans retenus, je me sens perdue, un état inconnu en moi me chahute. Je cours vers mes amis : une famille de couleuvres de Montpellier. Je suis dresseuse de serpents ; une longue aventure ; je vous la raconterai une autre fois peut-être. Je les dresse à la chasse aux lapereaux, aux petits oiseaux et autres nourritures que nous partageons ensuite autour d’un feu le soir. Là, ils dansent autour de ma tristesse. Je ressens pour la première fois la solitude. Rien pourtant n’avait changé autour de moi depuis la veille. Juste l’arrivée de ce petit carré de papier. Ses mots ont ouvert en moi une brèche où un curieux sentiment s’est faufilé à l’intérieur comme le font mes serpents dans les fissures de la roche, un sentiment de manque, le manque de l’autre, si délicieusement différent. Une faim nouvelle. L’un des serpents s’approche, glisse sur mes jambes, se dresse et danse devant mes yeux. Je vois dans les siens des châteaux en Espagne s’écrouler, une lettre s’écrire, un chemin s’éclairer. Je murmure en le caressant : je ne peux sortir d’ici; comment pourrait-il venir jusqu’à moi ? Le serpent a sifflé, une buse a plané au-dessus de nous, mon ciel s’est ouvert, j’ai écrit ce message : Je suis dresseuse de serpents. Le S est ma lettre. Je suis née du mariage d’un monolithe et d’une source ; ils m’ont donné leur force. Le ciel est mon toit, la terre ma demeure. Lorsque vous arriverez au bout de la route, le chant d’un ruisseau vous guidera sur une sente jusqu’au grand chêne ; faite une pause près de lui. Si vous êtes attentif à son langage il vous indiquera la direction d’un dolmen ; je vous attendrai dans son centre. Le message fut plié en six, le serpent a sifflé à nouveau, la buse est venue. Je lui ai confié le message, elle s’est envolée. J’ai remercié mes amis. Je ne souperai pas avec eux ce soir. Mes pas lents et fatigués m’ont emmené vers le dolmen ; je me suis couchée en son centre et me suis endormie. Les princes charmants n’existent pas…

01 juin 2008

SVP

Pourriez-vous m’indiquer s’il vous plait le sens
de la vie ?
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27 mai 2008

RdV à ne pas laisser passer...

635883314.jpg http://raymondalcovere.hautetfort.com/ 

Raymond Alcovère est né en 1956, vit et travaille à Montpellier.
Il aime l’Italie, la Chine, la musique, la peinture et quelques grands textes.
Son dernier roman : Le sourire de Cézanne

Il sera à la Comédie du livre à Montpellier, stand Sauramps,
le samedi 31 mai après-midi; et le dimanche 1er juin,
sur le stand des éditions Cap Béar
(espace des éditeurs régionaux)
pour la sortie de : Mai 68, Les Echos du Languedoc

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12 mai 2008

Mata Moro

272991667.jpgL'hildago c'est un chevalier "hijo de algo", fils de quelque chose.

C'est le fils cadet de la petite noblesse. Il a laissé titre et fortune à l'aîné et s'est engagé dans une carrière : clergé ou armée.
Fidèle à des valeurs chevalresques exarcerbées par le manque d'argent; il place l'honneur avant tout; avec son cheval, sa seulle richesse. Depuis trois siècles il a formé l'armée des Indes, ramassis d'aventuriers, avides de gloire, partis à l'assaut du Nouveau monde, au cours duquel son acharnement à tuer du Maure en fait un personnage de comédie : le Mata Moro. Désoeuvré dans une Espagne qui ne guerroie plus, l'arène va lui offrir le terrain de conquête qui fait défaut à sa classe.

07 mai 2008

Comme la salamandre...

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La pudeur semble pouvoir prendre de nombreuses formes. Comme celle, symbolique de la salamandre, qui dit-on révèle l'emplacement du trésor qu'elle a en garde.
Par le verbe oui peu-être, sans pour autant vous laisser vous y agenouiller. Alors il se consume de l'intérieur, de ce feu  nourrit de fantasmes, luxure et cupidité. J'imagine parfois mon sexe, pierre froide; mon ventre, caverne vide et sombre; dans les mains d'un alchimiste. Mon corps tout entier transformé en or, et devenir par cet homme femelle. Femelle, plus grande que le mâle.
Chut ! ne parle pas comme ça. La vulgarité ne scied pas aux jeunes femmes. Honte à toi, même de le penser. Chasteté = Salut. Par toutes ces allégories de femme vertueuse, par cette éducation dogmatique, fixée au rouge sang de règles impures; je suis devenue cet animal si froid que rien qu'à toucher le feu de ton regard, je l'éteins, comme le ferai la glace.
Au sein de ma tribu j'existe, et même par cette force, je suis à leurs yeux indestructible. Cependant lorsque je suis nue, seule, face à ce corps, mon regard lui m'indique que je suis comme retirée de moi même.

06 mai 2008

Un cri en dedans...

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Je dérape dans la brume des émotions, cherche une retraite de silence, un cri en dedans que personne n'entends.

04 mai 2008

Mon p'tit bonheur à moi...

1258884078.jpgUne araignée ce matin est venue s'installer dans mon petit bonheur à moi. Elle était arrivée, sans doute, chez nous un jour de marché parmi mon panier de légumes. Elle se présenta à moi après la vaisselle du déjeuner toute apeurée par le torrent d’eau qui déboulait sur elle. Au matin suivant je la revis sur la table de bois, en veille, mais sans peur. Et ce matin, en prenant mon café je vis qu’elle avait durant la nuit tissé sa toile entre les trois brins de muguet offert par Michel.

29 avril 2008

Le Grand Paradis

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Nul Dieu n'habite les sommets. Mais il en est un qui y passe parfois. Il est celui dont l'image se cache en nous, et qui, monté avec nous jusqu'à la cime, nous aide à nous griser d'harmonie et de grandeur.

20 avril 2008

Essais d'écriture slam bis

433154343.jpgJe pourrais te dire quand même
Que parfois j'ai de la peine.
Mais lorsque le soleil se lève
Je me sens pousser des ailes.
J'aime! j'aime! j'aime!
Je pourrais te dire la vie est belle,
C'est chouette dans ma galère.
Mais lorsque je me lève
Parfois j'ai de la peine...

18 avril 2008

essai d'écriture slam...

1448032597.jpgPrends l'amour quand il vient
Car rien nous appartiens
Prends la vie dans tes mains
On ne sait pas demain
Viens
Nous irons au bout du chemin
Un de ces 4 matins
Viens
Laisse ta main dans la mienne
On ne sait pas demain.